Affichage des articles dont le libellé est gravel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est gravel. Afficher tous les articles

21 juillet, 2022

Pour votre premier voyage à vélo, lisez 200 n° 33

200 magazine vélo numéro 33
200 n° 33 : 7,30 €en kiosque
ou par abonnement.
Le dernier 200, daté de juillet-août-septembre 2022, m'est parvenu. Ce numéro 33 m'intéresse  particulièrement, puisqu'il consacre un dossier au voyage à vélo. Ayant effectué mon premier "trois jours" (Paris-Dieppe-Rouen) le mois dernier, j'ai directement consulté les pages en question.

Sur 57 pages (un vrai dossier !), des conseils pratiques (bagages, équipement, alimentation...), des témoignages et des articles aux angles originaux. Je retiens celui sur les sept peurs à dépasser (bivouac, pannes, tueur psychopathe...). 

200 devrait donner envie de prendre la route même aux débutants. Ainsi, partir deux jours, c'est déjà l'aventure. "N'importe quel humain de plus de cinq ans en bonne santé peut pédaler 50 km en une journée", rassure le journaliste Nathan Pigourier. Il suffit d'un vélo "en bon état de marche, à votre taille et bien réglé". 

Comme à chaque numéro, les photos sont superbes, la rédaction soignée, avec une touche d'humour.

Comme moi, abonnez-vous ! 200-lemagazine.cc

200 magazine vélo n° 33
Le sommaire du dossier sur le voyage.


07 juillet, 2022

Dieppe-Rouen en randonneuse vintage

Six heures trente du matin. Je suis le premier client dans la salle à manger de l'hôtel, à Dieppe. Je remplis mon estomac (céréales, viande, oeufs brouillés et fruits) et les poches de mon maillot de cycliste (pêche, banane, abricots). Au programme : cent kilomètres pour atteindre Rouen.

La nature plus forte.
LE VELOMANE VINTAGE

Sept heures trente. Je roule seul sur l'Avenue Verte London-Paris, soit trente six kilomètres jusqu'à Neufchâtel-en-Bray, avec le vent de face. Le soleil teinte de vert clair les prés, dans lesquels des vaches Holstein sont parsemées. Un paysage de boîte de camembert. A un croisement, une demeure à colombages de laquelle sort un vieillard à l'énorme moustache blanche ; il répond à mon salut par un sourire. A deux-mille-cinq-cents kilomètres de la guerre en Ukraine, la vie est paisible en Seine-Maritime.

A Neufchâtel-en-Bray, pose banane. Je quitte l'Avenue Verte pour la D 1, large route gravillonneuse. Bien que peu de voitures y circulent – c'est dimanche –, je préfère troquer cette voie contre de petites routes champêtres. 

Campagne, me voici ! Tes routes sont celles que j'aime : des touffes d'herbe ont percé la chaussée, aucun véhicule à moteur ne circule. J'adore tes descentes, dans lesquelles je relâche mes muscles. Je suis toutefois attentif car un obstacle peut toujours surgir. Une petite tache sombre traverse la chaussée. Une musaraigne s'est engagée. Alertée par les tressautements de ma randonneuse (quatre-vingt dix kilos avec le cycliste), le minuscule mammifère hésite et fait demi-tour vers le bas-côté.

C'est aussi sur un bas-côté que je m'accorde une courte halte. Je croque dans une pêche plate prise à l'hôtel. Concentré de fraîcheur et de saveur sucrée, ce fruit est un délice. Plaisir court et intense.

A Buchy, commune libérée par les Canadiens en août 1944, je pique-nique en face des halles où se tient une brocante. J'achète une tablette de chocolat noir, dont le goût fort, avec le café, me manque. 

Dans la chaleur de la mi-journée, j'atteins Blainville-Crevon. Attenant à la salle des fêtes, j'aperçois une cuisine où s'affaire un homme. Accueillant, il remplit mon bidon et m'encourage. Ce genre de rencontre, ces quelques secondes d'aide, de conversation rendent le voyage si agréable et confirment que l'Homme est bon.

La route vers Ry, qui longe le Crevon, sous-affluent de la Seine, est magnifique. Creusant les prés et les bois, la départementale 12 avance lentement comme un serpent. 

Ry : commune dont Flaubert se serait inspiré pour Madame Bovary. Moeurs de province. La rue principale, comme dans un western, est déserte. Au bout, non pas un "general store", mais une droguerie... Ce nom est encore employé ? 

Rendez-vous manqué

Préaux, puis Darnetal et les faubourgs de Rouen. J'achète deux tartelettes et une boîte de Perrier que j'ingurgiterai après mon rendez-vous. J'ai rendez-vous avec la stèle du coureur cycliste Jean Robic, sur la côte de Bonsecours. Hélas, je prends la route dans le mauvais sens, celui de la descente. Je rate la stèle ! Pas de le temps de faire demi-tour (mon train à prendre) et de grimper là où Biquet s'envola pour remporter le Tour 1947. Cette côte de Bonsecours que mon père, au début des années 1950, gravit lors d'une virée Paris-Le Havre-Paris avec son cousin Marco.

J'ai manqué un rendez-vous, mais j'ai pensé à nos anciens cyclistes*. Je leur dédie mon voyage.

*  Robic, Papa, son père et aussi Piero.

Lire aussi :

A emporter : le guide La Côte normand à vélo, de Paulo Moura, Chamina édition.


Avenue Verte London-Paris
Invitation à voyager. LE VELOMANE VINTAGE

Ry en Seine-Maritime
Ry, la vie à l'heure de Flaubert.
LE VELOMANE VINTAGE

Ry Normandie
Ry, comme au Far West. LE VELOMANE VINTAGE


route champêtre
Liberté ! LE VELOMANE VINTAGE

Avenue Verte cyclotourisme
L'Avenue Verte London-Paris.
LE VELOMANE VINTAGE


01 juillet, 2022

Avenue Verte, 2e étape : Gisors-Dieppe sous la pluie

Sous les cimes, dans la fraîcheur matinale, je quitte le château de la Rapée à 9 heures 15. La campagne bruisse ; le chant des oiseaux se couple au son de mes vieux pneus Schwalbe Marathon sur le chemin. A la sortie du bois, la route étroite perce d'immenses champs de blé tachetés de coquelicots. 

Avenue Verte Paris-London
Virée normande pour ma Rando-cycle.
LE VELOMANE VINTAGE
A la sortie de Sérifontaine, la température monte à mesure que je gravis la D 17. Les bas-côtés sont parsemés de boîtes de bière et de bouteilles d'eau en plastique. Qui les ramassera ? Ici, peu de masques, toutefois, à la différence de ce que j'observe en Seine-et-Marne. 

La route est vallonée et traverse les champs, sur les plateaux calcaires. Quel plaisir de descendre en roue libre, réchauffé par le soleil.

A Neuf-Marché, rue Neuve-des-Fossés, j'aborde un croisement avec la D 915. Il faut prendre en face, la rue Jules-Ferry... ce que je ne fais pas, n'ayant vu aucun panneau de l'Avenue Verte. Je m'engage trop à gauche, sur la D 915. Cette large route est fréquentée, je croise même des poids-lourds. Au bout de 2 km, je la quitte par la gauche sur une petite route qui mène à Gournay-en-Bray. Sauvé ! Morale : garder en tête que les voies comme l'Avenue Verte sont dessinées pour les cyclotouristes, parfois accompagnés d'enfants. Elle ne passe donc pas par une départementale ou une nationale à grande circulation.

En laissant A Gournay-en-Bray, sur le C7, route de Saint-Clair, je suis hélé. Mes compagnons d'hier m'ont rattrapé. Mon égarement sur la D 915 a a favorisé nos retrouvailles ; nous poursuivons notre chemin de concert.

Le ciel se teinte de gris. De petites gouttes s'écrasent sur nos casques. Je baisse la visière de ma casquette Mercier. 

Vent dans le dos

La température a chuté. Nous nous arrêtons sous un abri en ciment à Forges-les Eaux. Les habitations en briques luisent sous la pluie, couleur sépia. Mes copains dévorent des sandwiches. J'avale une compote et une pomme transportées depuis Paris. Je n'ai pas pris le temps d'acheter autre chose. Lorsque nous repartons, j'enfile ma veste en Gore-Tex car la pluie, bien que légère, est froide. 

Notre équipée fait route vers le nord, sur une large et lisse piste cyclable noire, qui recouvre l'ancienne voie ferrée Dieppe-Paris. Vent dans le dos, nous fonçons à 28 km/h, une vitesse honorable eu égard au poids de nos cycles.

Dans les roues des camarades, je pense de plus en plus à la nourriture. A Neufchâtel-en-Bray, je fais une halte et leur propose de continuer sans moi car leur train part de Dieppe à 18 heures. La boulangerie Sophie-Lebreuilly, vaste, fait davantage penser à un "truck stop" américain ou à une cafétéria. L'énorme sandwich tomates-mozarella-salade fera l'affaire, avec une tartelette (met classique pour un  cycliste) et un double expresso dont je rêvais depuis mon départ de Gisors. Le sourire du serveur rondouillard est bien agréable, alors que la pluie continue à tomber. Une motarde des Pays-Bas finit son casse-croûte puis enfourche son engin chargé de matériel de camping.
Panneau "Présence de cyclistes"
Un panneau rassurant.
LE VELOMANE VINTAGE

La fin du parcours se déroule sur la piste, seul sous la pluie. Je souris en voyant une femme en culotte qui se prépare pour une course à pied organisée dans un village. (Elle se croyait à l'abri des regards, derrière sa voiture stationnée.)

Les autres êtres vivants que j'aperçois sont des vaches et des moutons dans les prés que fend la piste cyclable. 

"C'est très gentil"

Dieppe, 36 km. Le panneau donne le ton. Encore un effort et je serai à l'hôtel. Chaque dizaine de kilomètres me paraît longue. Dans les faubourgs de Dieppe, je croise des pelotons de cyclistes britanniques. Hommes et femmes d'une soixantaine d'années, que je salue et auxquels je lance un "welcome in France". "C'est très gentil", me répond une dame. Le vélo est un moyen de fraterniser.

A Dieppe, je me dégonfle : non, je n'irai pas me baigner. Le ciel est trop sombre, j'ai envie d'une douche et de dîner à l'hôtel. L'hôtel Mercure, estampillé "Accueil vélo", possède une pièce où ranger ma monture, qui passe la nuit avec une vingtaine d'autres bécanes. Le repas pris au restaurant attenant, le By Del Néro, est ordinaire et gâché par la musique d'ambiance, trop forte. je saute le dessert. Après 113 bornes, j'aurais voulu manger dans le silence.

Le parcours du jour :

  • Distance : 114 km  
  • Calories brûlées : 3 431
  • Durée : 5 heures 27
  • Vitesse moyenne : 21 km/h
Les conseils du cycliste :
  • Respecter les "stop" lorsque la piste croise des routes.
  • Prendre le temps de s'arrêter pour admirer le paysage : les collines du pays de Bray sont magnifiques.

Le reportage sur la 1re étape, Paris-Gisors


Avenue Verte
Vers Bazincourt-sur-Epte. LE VELOMANE VINTAGE

Avenue Verte
Une route pour moi seul. LE VELOMANE VINTAGE

Pique-nique humide à Forges. LE VELOMANE VINTAGE

Forges sous les eaux. LE VELOMANE VINTAGE

Rouxmesnil à vélo
Dans les faubourgs de Dieppe. LE VELOMANE VINTAGE

Avenue Verte
Bienvenue aux Anglais ! LE VELOMANE VINTAGE

Les derniers kilomètres.
LE VELOMANE VINTAGE

Avenue Verte
Arrivée à Dieppe. Je me baignerai une autre fois.
LE VELOMANE VINTAGE



 



29 juin, 2022

Avenue Verte, 1re étape : cyclotouristes avec la banane sur Paris-Gisors

Ma rencontre avec une cyclotouriste, il y a deux mois, m'a encouragé à voyager sur l'Avenue Verte London-Paris, qui a dix ans cette année. Cette voie relie les deux capitales par des routes de campagne, pistes cyclables, et chemins ruraux. Ce 24 juin, ma bonne vieille randonneuse Rando-cycles est prête : porte-bagage, sacoches arrière, sacoche de cintre, sacoche de selle... La machine pèse 23 kg. 

Au programme, trois jours à pédaler : Paris-Gisors (1re étape), Gisors-Dieppe (2e étape) et Dieppe-Rouen (3e étape, hors de l'Avenue Verte). Retour par le train. Mon premier voyage à vélo !

Départ de la première étape. Pour éviter les boucles de la Seine, Aubervilliers, Saint-Denis, trop urbains, je prends le RER de Vincennes à Rueil-Malmaison. A Bougival, je traverse la Seine, puis remonte vers Maison-Laffitte, belle commune aux grandes avenues arborées, bordées de belles demeures. L'aventure commence dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Les panneaux indiquant l'Avenue Verte deviennent rares, et je me perds aux alentours de l'étang du Corra. La carte que l'organisme gérant l'Avenue Verte m'a envoyée n'est pas assez détaillée et mon GPS m'indique de rejoindre la N 184 où se trouve l'Avenue... tracée sur le trottoir ! Il manque autour de l'étang des panneaux indicateurs.

A Neuville-sur-Oise, je prends la direction du Vexin, à l'ouest, jusqu'à Cergy. Au-delà de cette localité, le paysage verdit. J'aurais pu me rendre par le RER A jusqu'à Cergy-le-Haut (terminus), ce qui m'aurait épargné la traversée de ces villes nouvelles sans charme. 

Soif

Dans le Vexin desséché,
LE VELOMANE VINTAGE
La campagne, le vent, la chaleur lourde, la soif. Mon bidon de 750 ml est déjà presque vide. Pour alléger mon fardeau, j'ai emporté un seul bidon d'eau, imaginant des fontaines tous les dix kilomètres. Erreur ! Dans un lotissement, je demande de l'eau à une femme plantée sur sa terrasse. Elle vient d'emménager et n'a pas d'eau me dit-elle. Vrai ou faux ? Plus loin, une grosse dame s'affaire dans sa cuisine, au dessus de l'évier, fenêtre ouverte. Je m'approche, mais la ménagère quitte la pièce.

Le cimetière de Courdimanche me sauve car, comme tout cimetière, il dispose d'un robinet d'eau potable. Je fais le plein soulagé.

A Longuesse, rue du Moulin, je m'engage sur un chemin de terre. Dans une clairière, un trio de cyclistes pique-nique. Je les salue.
— Londres, c'est par là ?
— Oui !
Nous voyageons dans la même direction. Edwin, Medhi et Yoan m'accueillent à leur table de bois, pour promeneurs. Casse-croûte entre forçats du gravel. Néocyclistes depuis six mois, ces trentenaires dorment ce soir à Gisors, et visent Dieppe le lendemain. 

Une belle bosse à gravir l'estomac plein, et nous voici compagnons de route. Equipiers d'un week-end, nous cherchons un cimetière à chaque traversée de village. Edwin, excité par le départ, a oublié ses bidons. Nous pédalons en cyclotouristes, davantage intéressés par les senteurs, les paysages que par la moyenne horaire. Medhi, ingénieur diplômé d'AgroParisTech, répond à nos questions sur les espèces végétales observées dans les champs. Mehdi est John Muir à vélo. 

Ciment antillais

Règle d'or du cyclisme : manger avant d'avoir faim. Mes compagnons, d'origine guadeloupéenne, ont une recette, le "ciment antillais" : une banane et du pain. Et pour l'arrivée, dans quelques dizaines de kilomètres, ils rêvent d'un monaco, cocktail de bière, limonade et grenadine.

A Gisors, nous nous séparons. Les copains ont réservé leur hôtel en ville. Le mien se situe à Bazincourt-sur-Epte. Les derniers kilomètres sont éprouvants, avec un léger mal de tête dû à la chaleur et à la déshydratation. J'arrive enfin au magnifique château de la Rapée, construit en 1825. L'hôtel est classé "Accueil vélo", ce qui signifie que les cyclotouristes bénéficient d'un local où ranger leur vélo. 

Une chambre pour écrivain, avec sa table face à la fenêtre, un lit confortable et une piscine où je me rafraîchis. Le repas est mémorable : croustillant de neufchâtel, bar snacké sur lit de légumes, coupe amarena et verre de Bordeaux. 

Quelques étirements. Dix heures du soir. J'éteins les feux.

Le parcours du jour :

  • Distance : 100,36 km
  • Calories brûlées : 2 981
  • Durée : 5 heures 26
  • Vitesse moyenne : 18,5 km/h
Les conseils du cycliste :
  • Emporter 2 bidons, peu de points d'eau
  • Monter des pneus résistants de section minimale de 28 : la piste passe par de nombreux chemins pierreux.

Le reportage sur la 2e étape, Gisors-Dieppe

Joyeux cyclistes ! LE VELOMANE VINTAGE


Un domaine dans le Vexin. LE VELOMANE VINTAGE

Piste sans voitures, sécurisant !
LE VELOMANE VINTAGE

Le repos du cyclard. 
LE VELOMANE VINTAGE

Se détendre après l'effort. LE VELOMANE VINTAGE

La coupe du vainqueur.
LE VELOMANE VINTAGE


09 avril, 2022

Cyclisme : signaler une atteinte à la nature

A VTT, gravel ou cyclo-cross, nous circulons en forêt, sur des sentiers ruraux ou de petites routes de campagne. Or nous rencontrons parfois sur notre chemin un obstacle imprévu et dangereux, tel qu'un arbre déraciné par la tempête. De même, croiser des quads hors d'une voie réservée à la circulation est plus que surprenant : c'est irritant. Quant aux gravats déversés en bordure de forêt, il y a de quoi attraper de l'urticaire.

Ces observations, entre autres, peuvent être utilement signalés à travers deux sites Web : sentinellesdelanature.fr (géré par l'association France nature environnement) et sentinelles.sportsdenature.fr (géré par le ministère des Sports.

Suricate est aussi disponible sur appli mobile iOS et Android

Lire aussi : Signaler une chaussée ou piste dégradée


26 mars, 2022

Planète gravel n° 1 : matériel et compétition au sommaire

La presse cycliste compte un nouveau magazine trimestriel : Planète gravel, daté d'avril-mai-juin 2022. Cent pages au prix de 5,95 € consacrées à cette pratique assez récente, qui prend sa place entre le vélo de route et le VTT, non loin du cyclotourisme. Dans son éditorial, Richard Delaume constate à ce propos la "modification du paysage des pratiques, allant de la promenade du dimanche à une pratique orientée compétition". 

Un nouveau titre dans la presse cycliste.
Ce premier numéro est axé sur le matériel : tests de vélos (le Canyon Grizl, l'Origine Graxx 2 R45), cintre, chaussures, casque, sacoches, selles, vêtements... Une sélection de trente-neuf vélos de 900 à 6.000 € donne une idée de l'offre aux lecteurs qui ne sont pas encore équipés. 

Interviews

L'essentiel du journal porte sur le matériel, mais quelques articles abordent la pratique : pilotage en montée et en descente, conseils pour rouler de nuit, interviews de gravelistes voyageurs (dans le Verdon) ou compétiteurs.

Planète gravel concurrence-t-il directement le magazine 200 ? Je ne le pense pas. Le nouveau venu, en raison de son orientation "matériel", se rapproche davantage des titres traditionnels de la presse cycliste. 200, plus littéraire, plus philosophique, voit le vélo comme un moyen de rencontrer des gens. Planète gravel le considère plus comme un équipement sportif.


21 août, 2021

Sur mon cyclo-cross à Pegasus Bridge

Le vélo, engin de liberté. En Normandie, dans le Calvados, sur mon cyclo-cross ancien , je me balade le long des plages du Débarquement. Près de "Sword beach" (nom militaire de la plage située la plus à l'est de l'offensive du 6 juin 1944), le nez dans le vent, je pédale sur les routes de la liberté où de jeunes gens vinrent combattre le régime nazi. 

En été, la circulation côtière est assez dense. Je l'évite en suivant les véloroutes (panneaux verts avec un petit cycliste) et les pistes cyclables.

Pegasus Bridge à vélo
Pegasus Bridge vu du café Gondrée, libéré le 6 juin
après minuit. LE VELOMANE VINTAGE
Près de Pegasus Bridge (commune de Bénouville), le pont pris le 6 juin après minuit par les parachutistes anglais du major Howard, des pistes de sable tassé longent l'Orne, fleuve côtier. J'actionne ma sonnette pour avertir les piétons et cyclistes que je dépasse ; cet accessoire, sur ce type de trajet, est indispensable et, rappelons-le, obligatoire. Les pneus de 28 pouces, utilisés en vélo "gravel", accrochent bien sur les graviers.

Sur ma route, je rencontre de sympathiques cyclistes, retraités locaux. Avec l'un d'eux, ancien marathonien de soixante-treize ans, je prends un relais à bonne allure sur une route départementale avec vent de face.

Derrière Cabourg, la véloroute des marais de la Dives est plus paisible que celle de la côte. Elle serpente à travers les prés et les canaux, là où plusieurs centaines de parachutistes se noyèrent dans la nuit du 5 au 6 juin. Un cycliste d'environ soixante-cinq ans, lecteur du magazine 200, me rattrape sur son cycle de gravel Victoire en inox. Nous conversons mais restons prudents car la route est étroite. Nous croisons un tracteur conduit par un paysan consultant son smartphone, puis une Jaguar verte dont le conducteur nous fait signe de nous écarter. Le vélo, engin de liberté, oui : mais veillons à notre sécurité !

Pegasus Bridge à vélo
Pegasus Bridge vu de l'emplacement où trois planeurs des troupes aéroportées
du major Howard atterrirent le 6 juin. LE VELOMANE VINTAGE

A vélo à Sallenelles
Sur la piste de Sallenelles vers Pegasus Bridge. LE VELOMANE VINTAGE

Véloroute marais de la Dives
La véloroute, itinéraire pittoresque garanti. LE VELOMANE VINTAGE

Véloroute des marais de la Dives
Les marais de la Dives. LE VELOMANE VINTAGE

Vélo à Amfréville
Hommage au 4 Commando, à Amfréville (Calvados).
 LE VELOMANE VINTAGE

Musée du Commando n° 4
A Ouistreham, hommage aux libérateurs du 4 Commando.
LE VELOMANE VINTAGE

Commando Kieffer
En souvenir des courageux commandos Kieffer.
LE VELOMANE VINTAGE

Petiville à vélo
A Petiville, une oeuvre du conseiller municipal Georges Galopin
pour le passage du Tour de France en 2006. LE VELOMANE VINTAGE


07 août, 2021

De Roscoff à Plouescat sur mon cyclo-cross

Le vélo se pratique de façon binaire : petit ou grand braquet ; bosse ou descente ; vent de face ou dans le dos... En partant de Roscoff (Finistère) au petit jour, je choisis le vent de face, direction sud-ouest. Sur mon cyclo-cross ancien, chaussé de pneus "gravel" (700 x 38), je prends la véloroute V45, qui longe la côte de Roscoff à Saint-Nazaire. Cet itinéraire appelé "la Littorale" emprunte des petites routes, préférables pour la sécurité des cyclistes.

Je pars vers 8 heures dans le brouillard, mon feu arrière allumé. Des gouttelettes perlent sur mes cale-pieds. Vers 9 heures, la brume laisse place à un ciel bas, qui caresse les champs d'oignons (une spécialité locale). 

Dans la matinée, le ciel passera du gris au bleu, le soleil alternera avec de courtes ondées. À Plouescat, ville de granit, sombre, pavée, luisante sous le crachin, des cyclotouristes en vestes et sacoches fluo font une halte sous la halle du marché déserte. 

rue Théodore Botrel
"Kenavo, Plouescat !" LE VELOMANE VINTAGE
Dans un lieu-dit côtier, une rue porte le nom de Théodore Botrel, auteur-compositeur-interprète (1868-1925) dont la chanson "Kenavo" est interprétée par Jean-Pierre Marielle dans Les Galettes de Pont-Aven.

Au lieu de galettes, c'est une Moss Energy Ball (balle énergétique) que j'ingurgite. Le mélange de figues, d'amandes et de guarana (plante stimulante chargée en cafeïne) me suffit pour éviter la fringale. 

Politesse des pédaleurs

Sur le retour, vent dans le dos, la route, faite de courtes bosses et descentes, sinue à travers champs. Je croise des tracteurs et quelques cyclistes voyageurs ; nous nous sourions et nous saluons. Politesse des pédaleurs.  

véloroute 45
Des pistes pour le gravel près de Porsguen-Porsmeur.
LE VELOMANE VINTAGE
La Littorale est ponctuée de chemins de sable tassé et graviers. Le cycle "gravel" est idéal dans ces conditions, avec des pneus de section d'au moins 28 pouces (le mien a une section de 38 pouces). Un vélo de route aux pneus de section inférieure est à mon avis moins indiqué en raison du risque de crevaison.

La portion de véloroute de Roscoff à Plouescat est agréable, car assez peu fréquentée. Les automobilistes me dépassent en respectant l'écart de sécurité, clignotant en marche, ce qui est très appréciable. Et aucun n'a fait usage du klaxon.


Le Guillec
La Palue, près du Guillec. LE VELOMANE VINTAGE

Gravel dans le Finistère
Rue du Theven Bihan, Plougoulm. LE VELOMANE VINTAGE

Retrouvez cet itinéraire sur la véloroute "La Littorale", entre Roscoff et Goulven.

03 octobre, 2020

Dans les bois, gare aux pièges anticyclistes !

Avez-vous déjà rencontré des pièges anticyclistes en forêt ? Câbles tendus en travers du chemin, rochers déplacés en sortie de virage, planches à clous… Lors de la guerre du Viêt Nam, ces terrifiantes installations, parfois enduites d'excréments (pour causer une infection), étaient nommées « booby traps » (pièges à cons) par les soldats américains.

La presse cycliste et les forums sur Internet font état de nombreux cas où ces pièges ont été découverts, en France et en Belgique. Une récente réponse ministérielle précise que "le service central de renseignement criminel de la gendarmerie nationale est parvenu à recenser 6 faits commis entre 2018 et 2019 ayant donné lieu à dépôts de plainte : trois faits ont été commis entre le mois de mai et la fin du mois d'octobre 2018 ; trois faits ont été commis entre le mois de juin et la fin du mois d'août 2019 ; aucun fait n'a été constaté à ce jour pour l'année 2020 ; au niveau de la répartition géographique, trois faits concernent la région Auvergne-Rhône-Alpes (départements 38 et 73), deux la région Grand-Est (départements 54 et 67) et le dernier les Hauts-de-France (département 60).  Trois qualifications pénales différentes ont été retenues : mise en danger délibérée de la vie d'autrui (article 223-1 du Code pénal), violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours (article 222-13 du Code pénal), destruction, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui (article 322-1 du Code pénal). À ce jour, aucune de ces procédures n'est parvenue à établir des responsabilités."

Le ministère de l'Intérieur note dans sa réponse : "Cette faible occurrence d'actes de malveillance orientés vers les pratiquants de vélo tout-terrain (…) ne doit pas conduire à sous-estimer ces faits." Car il existe probablement des cas où les victimes n'ont pas porté plainte, sinon signalé le piège aux autorités. 

Pose de pièges réglementée

La pose de pièges est réglementée et circonscrite à la capture ou la destruction d'un animal classé nuisible (art. L 427-8 du Code de l'environnement). La pose de pièges hors de ce cadre peut être sévèrement punie si elle occasionne un dommage à une personne, voire la tue (article 222-7 et suivants du Code pénal). "Les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sont punies de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende" (art. 222-9 du Code pénal). C'est même quinze ans de réclusion criminelle lorsqu'il y a eu usage d'une arme ou lorsqu'il y a eu préméditation. 

Encore faut-il identifier l'auteur. Ce dernier pourrait difficilement invoquer la légitime défense pour protéger son bien, une forêt, par exemple (article 122-5 du Code pénal).

Sur votre VTT, votre cyclo-cross ou votre gravel, au détour des sentiers, gardez l'œil et prévenez la gendarmerie si vous découvrez un de ces pièges.

Piège pour VTTiste
Planche à clous attendant le passage d'un VTTiste.

19 septembre, 2020

La chemise à carreaux remplace le maillot à pois

Les traditions se perdent. Une mode venue des États-Unis voudrait que le vététiste ou le gravéliste (néologisme désignant le conducteur d'un vélo gravel) portât une chemise à carreaux à la place du classique maillot dit "jersey". Ces chemises d'un prix pouvant atteindre 180 euros sont confectionnées en polyamide "polaire" ou matières "techniques" assurant un séchage rapide. Elles sont parfois munies de poches arrière, à l'instar des maillots de coureurs.

Voilà le cycliste de 2020, mi bûcheron-mi hipster, loin du cyclard traditionnel en lycra coloré. Les Velominati, ces gardiens de l'élégance cycliste, vont-ils pester ? 

La chemise à carreaux, est-ce "gravel" ?

03 août, 2019

Cyclo-cross "gravel" autour de Crozon

Le vélo est un moyen d'échapper aux effets du dérèglement climatique. En période de canicule, pédaler dans le vent équivaut à profiter d'un ventilateur géant ; c'est aussi plus écologique. Il y a mieux encore : pédaler en Bretagne ! Sur la presqu'île de Crozon (Finistère), le long du littoral, fin juillet, il fait 25 °C, contre plus de 40 °C à Paris.

06 juillet, 2019

Vélo gravel : Delphine s'offre le désert pour son anniversaire

Trois mille six-cent kilomètres autour de l'Espagne et du Portugal, en cinq semaines, en mai-juin 2019 : Delphine Ledue a bouclé son premier voyage à vélo presque toute seule, presque sans entraînement. Le rire facile, enchaînant les cigarettes – Anquetil ne fumait-il pas aussi, parfois ? –, elle me raconte son périple. Elle parcourt les mille premières bornes avec son mari, qui doit quitter la route pour reprendre le travail. "En guise de préparation, nous avions juste un cent kilomètres du Classic Challenge dans les jambes, et quelques sorties l'été", précise Delphine.

23 février, 2019

Vélo : à chaque pratique, sa terminologie


J'aime les vélos italiens et les casquettes belges, mais je défends l'usage de la langue française. "Vélo de route", "vélo de course" : c'est français, ça. "VTT", aussi ; ce terme est entré dans le dictionnaire Le Grand Robert de la langue française en 1988, suivi par son dérivé, "vététiste" ou "VTTiste" en 1989.

14 juillet, 2018

Le Tour de France 2018 renoue avec les graviers

La 10e étape (Annecy-Le Grand Bornand) du Tour de France 2018 est marquée par un passage particulier de 2 km sur le plateau des Glières : la voie, certes carrossable, n'est pas bitumée ! Les coureurs vont écraser du gravier et vivre à l'heure du gravel bike.

18 novembre, 2017

Le cyclo-muletier, ancêtre du VTT et du gravel

Les États-Unis ont donné naissance au VTT (appelé là-bas MTB ou moutain bike) dans les années 1970, puis au gravel bike. En France, pourtant, depuis plus d'un siècle, le "cyclo-muletier" se pratique sur des voies non carrossables (pistes, chemins, sentiers, éboulis, pâturages...).

25 juin, 2017

Anjou Vélo Vintage 2017 : les pneus dans le sable

"J'ai crevé quatre fois !" peste un "Gan-Mercier" à l'arrivée de l'Authentic 1868, le parcours de 120 km de l'Anjou Vélo Vintage 2017. Un "Bianchi"septuagénaire a dû écourter la randonnée en raison d'un flan de boyau coupé. D'autres maillots-qui-grattent ont eu moins de chance : la roue avant plantée dans la piste friable, ou déséquilibrés par une pierre, ils ont fini à plat ventre sur le bas-côté.

26 mai, 2017

Sur la trace de John Wayne à vélo

John Wayne (1907-1979) aurait eu 110 ans aujourd'hui ! S'il montait à cheval dans ses westerns, pour une photo, que je daterais d'environ 1973, "Duke" avait enfourché un vélo. L'engin ploie sous le poids du grand cow-boy (1,93 m).

16 mai, 2017

Sortie à vélo "gravel" autour de Longchamp

Découvrir une région, un nouvel itinéraire, faire connaissance avec de sympathiques cyclistes... Tout cela était au programme de la sortie organisée samedi par Pat, directeur de la publication de Bike Café, site consacré en grande partie au "gravel bike". Le rendez-vous était donné à 8 h 30 devant l'hippodrome de Longchamp, à l'entrée du Paris Bike Festival. S'y trouvaient une douzaine de "graveleux" dont plusieurs rédacteurs de Bike Café, deux cyclistes sur VTC électriques et deux vététistes - moi et mon ami Pierrot, ex coureur pro (sur son VTT Alan en aluminium).

06 mai, 2017

Vélo en Seine-et-Marne : le Chemin des roses

Cyclistes roulant sur "gravel", VTT ou cyclo-cross, connaissez-vous le Chemin des roses ? Situé en Seine-et-Marne, cette piste de 17 kilomètres relie Brie-Comte-Robert à Yèbles. Elle suit l'ancienne voie ferrée allant de Verneuil-l'Etang à Paris-Bastille : son nom fait référence au train qui, au début du XXe siècle, permettait d'acheminer vers Paris les fleurs produites dans la région.

29 avril, 2017

Le cyclisme sur route, sport de plus en plus dangereux ?

Deux récents accidents ont de quoi faire réfléchir les pratiquants du vélo de route. Un : la mort violente du coureur cycliste Michele Scarponi, à l'entraînement, le 22 avril, heurté de face par une camionnette. Deux : l'agression dont a été victime le coureur Yoann Offredo le 24 avril, lui aussi à l'entraînement, frappé par un couple d'automobilistes irascibles.

Rouler dans les bois,
pour éviter les autos.
La route est-elle plus dangereuse pour les cyclistes ? En 2016, en France, 159 cyclistes ont perdu la vie en circulation. De 2010 à 2016, le nombre de cyclistes décédés a augmenté de 8 %, selon la Sécurité routière. Toutefois, si l'on remonte à 2000, il y aurait une baisse du nombre de morts de près de 42 %. Allons plus loin : depuis 1961 (905 décès), la baisse est de 82 % !

La route est donc, pour les cyclistes, moins mortelle que jadis. Mais pas moins dangereuse. Tous les ans, des cyclistes sont gravement blessés. Sur 4.400 accidents corporels concernant un cycliste en 2015, près de 1.600 furent hospitalisés, soit 36 %. Et, même sans accident, combien de fois sommes-nous rasés par des conducteurs pressés ? 82 % des automobilistes commettent des excès de vitesse, selon le Baromètre Axa Prévention de 2017. Sans parler de ceux qui envoient des SMS en conduisant (24 % cette année, contre 15 % en 2016) !
Pourquoi tant de haine
à l'encontre des cyclistes ?

Pour réduire le risque de collision avec une auto - 50 % des cyclistes tués sur la route le sont ainsi -, la solution est certainement de pratiquer notre sport hors circulation (gravel bike, VTT, cyclo-cross). Mais les sensations sont différentes.

A lire :