jeudi 25 avril 2019

Le vélo, une "révélation" pour Jean-Pierre Marielle

"Nom de dieu de bordel de merde !", monsieur Henri est mort. Jean-Pierre Marielle, le (vrai) Henri Serin des Galettes de Pont-Aven, a trépassé le 24 avril 2019 à 87 ans. (Le juron reproduit plus haut est tiré de ce film réalisé en 1975 par Joël Séria.) Marielle aimait le vélo, comme il le confia dans son autoportrait paru en 2010, Le Grand N'importe quoi (éd. Calmann Lévy). Enfant, il en reçut un pour Noël. "Quelle révélation ! Je faisais le tour de Précy, qui n'est pourtant pas bien grand, et me sentais libre, aventurier." Les bosses à grimper, pour explorer la région, le dégoûtèrent de la bicyclette un moment. Plus tard, installé à Boulogne, il se remit en selle et s'exerça sur la piste de Longchamp, terrain assez plat. Un reportage photo fut réalisé en 1977 par Jean-Claude Deutsch montrant monsieur Henri sur son Mercier, comme Poupou.

Quelques photos du reportage de 1977 peuvent être vues à partir de ce lien.

samedi 20 avril 2019

Pierre Tosi, aimé par sa dernière équipe : les Rois de la pédale

Notre ami Pierre Tosi, ex-coureur professionnel, à plus de soixante-neuf ans, avait encore une équipe cycliste : les Rois de la pédale. C'était une équipe "de fait", pas une équipe officielle, sponsorisée, pour la compétition. Une "équipe de coeur", comme le disait l'un de ses membres, Gilles, lors des funérailles de Pierre.

Pierre, roi parmi d'autres rois, donc. Lui qui était modeste... un titre de roi. Cela relevait un peu de l'antiphrase, de l'autodérision.

Aux autres rois, dont je partage le titre, j'ai demandé : "Si je te dis 'Pierre et le vélo', que dis-tu ?"

Leurs réponses :
Franck : "La vie c'est comme un vélo, si on arrête de pédaler, tout s'arrête et on tombe."
Christophe : "Passion et dérision."
Philippe : "Force et courage.
Eric : "Joie de vivre et partage.
François C. : "Un garçon nature, avec la gouaille du titi parisien."
Gérald : "Le titi italien.
 Moi : "Pierre avait autant l'envie de parler de vélo que d'en faire."
Le roi Pierrot (4e en partant de la gauche),
et ses couronnés du double-plateau. 

mercredi 17 avril 2019

Les dimanches cyclistes avec mon ami Pierre Tosi

C'est étrange comme un simple geste peut provoquer des pleurs. En sortant mon vieux vélo de course du coffre de la voiture, hier, j'ai soudain versé des larmes. Ce geste, je le faisais il y quelques mois encore lorsque je retrouvais mon ami Pierre Tosi, emporté par le cancer ce 1er avril.

C'étaient des dimanches matins où, stationné sur l'allée gravillonnée de sa maison, je préparais mon vélo pour une sortie de 80 bornes. Ces dimanches où je retrouvais Pierrot, heureux de passer quelques heures en sa compagnie, comme nous nous serions retrouvés, mômes, pour jouer aux cow-boys et aux Indiens. Lui, c'était l'Indien. Il connaissait toutes les pistes de la région, les vergers où s'alimenter, les fontaines où remplir les bidons. Et les trucs de coureurs, comme bien s'abriter quand le vent nous frappe.

Pierrot l'Indien est parti. Je ne l'entendrai plus m'accueillir sur le pas de son tepee, à Villecresnes: "Alors, le Yann, il fait froid ce matin." Pierrot-tête-en-l'air, qui cherchait ses gants, nous mettant en retard au rendez-vous avec les copains cyclistes. Je ne sourirai plus en l'observant avec ses chaussures à cales faisant clac-clac sur les carreaux de ciment. Je ne le verrai plus enfiler son gilet coupe-vent et ajuster son casque blanc aux couleurs du drapeau italien.

Il me manque, Pierre en équilibre sur son vélo Neri, écrasant les graviers de l'allée, ses larges mains de maçon sur les cocottes de freins. Je ne roulerai plus à ses côtés dans la côte de Marolles-en-Brie, pour retrouver notre équipe des Rois de la pédale, eux à l'heure. Je n'abriterai plus Pierre, qui commençait à être "bien au bout de cinquante bornes".

A mon vieux vélo et moi, hier, il manquait un ami.

mardi 16 avril 2019

Livre pour cyclistes : Raoul Taburin par Sempé

Mes petits coureurs Salza et Cofalu ont, dans le grenier, mis la main sur un livre : Raoul Taburin, de Sempé. C'est l'histoire attendrissante d'un marchand de cycles très compétent, qui porte un lourd secret : il ne sait pas faire de vélo. Paru en 1995, ce livre vient d'être réédité, en même temps qu'il est adapté au cinéma par Pierre Godeau (Raoul Taburin a un secret, avec Benoît Poelvoorde, en salles le 17 avril 2019).
Raoul Taburin, le marchand de vélos
qui préfère la marche
(photo : Le Vélomane vintage).

Mes petits cyclistes se régalent. Ils ont l'impression de se voir dans ces pages illustrées de petits personnages, notamment un splendide peloton de coureurs, p. 90, sous la banderole de départ. Ou encore un coursier largué par un peloton, loin à l'horizon, p. 44 et 45.

Sempé, qui circula beaucoup à bicyclette dans sa jeunesse, peint les vélos et le bouclard de Taburin avec amour. Il a fréquenté les marchands de vélo, c'est sûr.

Moi aussi, ce livre me touche. Il me fut offert par feu mon ami Pierre Tosi. Pierre, dont la carrière de coureur professionnel inspira Philippe Harel, le réalisateur du Vélo de Ghislain Lambert, là aussi avec B. Poelvoorde.

Raoul Taburin, par Sempé, éd. Denoël, 106 pages.

samedi 13 avril 2019

Film : les coureurs à l'entraînement avant Paris-Roubaix 1972

A l'entraînement, en casquette belge, Yves Hézard, de l'équipe Sonolor-Lejeune, explique le déroulement des cinquante derniers kilomètres. Un document de l'INA sur Paris-Roubaix 1972. La course fut remportée cette année-là par Roger De Vlaeminck. Températures basse, pluie et chute de 40 coureurs firent que 49 compétiteurs passèrent la ligne d'arrivée, sur 120 au départ.

Reconnaissance du parcours de Paris-Roubaix en 1972
Yves Hézard commente
ce qui attend les coureurs.