03 septembre, 2023

Vélo en Provence : un cycliste m'offre un café

 Les Alpilles, chaîne de montagne de 25 kilomètres de long, située en Provence. Splendide paysage calcaire lacéré de petites routes exposées au soleil. A la sortie de Mouriès, je rattrape un cycliste sur un vélo Trek bleu. Nous nous saluons, et, bien que la pente s'accentue, nous engageons la conversation. 

Alpilles à vélo
Dans la vallée, entre les champs d'oliviers. Mon vélo
Origine Axxome de 2015. LE VELOMANE VINTAGE
Manu, grand et mince, vit ici, bien qu'originaire de Lorraine. Coureur à pied, il fait aussi du vélo. Nous parcourons ensemble une demi-douzaine de kilomètres.

A l'approche d'Eygalières, superbe village, il m'invite à prendre un café. Assis en terrasse, l'oeil sur nos cycles, nous discutons : je témoigne de mon attrait pour les belles routes de la région, tandis qu'il me fait part de ses courtes visites touristiques à Paris (Avignon est à moins de trois heures en TGV).

S'arrêter boire un café (ou une bière) au cours d'une sortie à bicyclette : c'est faire du vélo un art de vivre, une manière de prendre son temps, de connaître ses contemporains, d'apprécier un bon moment. Je remercie Manu pour son invitation ! 

Lire aussi : 

Peugeot 203 pick-up et vélo


03 août, 2023

A vélo, sur les belles routes du Jura

Entre 500 et 900 mètres d'altitude, me voici dévorant les routes du Haut-Jura, à l'est de Lons-le-Saunier, autour de Doucier. Telles des spaghettis "al dente", elles dansent en souplesse à travers les immenses prés. Leurs tracés sont doux, avec très peu de virages en épingle, et les dénivelés sont progressifs. Dans ces conditions chaque jour, j'ai envie de découvrir un nouvel itinéraire. 

Ainsi, j'emprunte la véloroute PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), ruban d'enrobé qui recouvre l'ancienne voie ferrée. C'est une ligne quasi droite du village de Marigny à Champagnole, ville triste à l'immense zone commerciale. De Champagnole, je grimpe sur la D127 vers Syam, puis les Planches-en-Montagne. Après un départ à 15 °C, sous un ciel gris, le soleil apparaît à 850 m d'altitude.

A vélo dans le Jura
A Château-Chalon, un point sur l'orientation.
LE VELOMANE VINTAGE
Un autre jour, je monte au nord-ouest, vers la forêt de Poligny et les plateaux environnants, en passant par Picarreau. J'atteins Château-Chalon, l'un des "plus beaux villages de France", selon le panneau. Le point de vue plongeant vers le vignoble se mérite, car il faut grimper. Mais avec la descente en guise de dessert, je relaxe mes cuisses. Dans la vallée, la route suit le cours de la Seille, affluent de la Saône. A Baume-les-Messieurs, un autre des "plus beaux village de France", la pente est raide. Il y a huit ans, j'ai bien fait d'équiper mon cycle Origine d'un petit plateau de 34 dents (en plus du 50 dents). A l'arrière, j'utilise le pignon de 23 dents... avant-dernière cartouche avant celui de 25. A mesure que je vieillis, les pignons grandissent.

Je construis mes parcours à partir de la carte IGN Top 100 n° 143 et du site Le Jura à vélo. Les routes sont parfaites : larges, entretenues, avec très peu de circulation. Les rares autos et camionnettes qui me dépassent laissent un espace de sécurité important. C'est peut-être dû au fait qu'elles ne croisent pas de véhicule.

Précautionneux, j'emporte deux bidons, mais n'en utilise qu'un (pour une soixantaine de kilomètres). Les fontaines, dans les villages, sont fréquentes et il ne fait pas chaud, cette année. 


Vélo dans le Jura
Sur la D90, le Tour de France est passé.
LE VELOMANE VINTAGE

Le Jura à vélo
Sur la D5, vers Picarreau. Pas de voitures, le pied !
LE VELOMANE VINTAGE

Le Jura à vélo
La voie PLM entre Marigny et Champagnole.
Réservée aux cyclistes. LE VELOMANE VINTAGE 

A vélo dans le Jura
A l'arrêt, j'écoute le silence. LE VELOMANE VINTAGE

 

01 juillet, 2023

Tour de France 1976 : l'exploit jamais égalé de José Viejo

Jose Luis Viejo vainqueur de la 11e étape du Tour de France 1976
A Manosque, Viejo, arrive avec 22 min.
et 50 sec. d'avance sur Karstens.
 Vingt-deux minutes et cinquante secondes d'avance : c'est le temps qui sépara l'arrivée de José Luis Viejo, vainqueur de la onzième étape du Tour de France 1976, du coureur suivant, Gerben Karstens. 

Ce record sur cette course (depuis la Seconde Guerre mondiale), après une échappée de 160 km (sur une étape de 224 km), n'a jamais été battu à ce jour.

A cette époque, Viejo courait dans l'équipe espagnole Super Ser, fabricant d'appareils de chauffage.

Né en 1949, Viejo est mort en 2014.

24 juin, 2023

A vélo dans le labyrinthe de La Défense

A vélo à La Défense
Des tours de verre et de métal ont avalé mon vélo.
LE VELOMANE VINTAGE
 De retour d'une sortie à l'ouest de Paris, j'ai voulu rejoindre la capitale en passant par le quartier de la Défense (Hauts-de-Seine). Quelle épreuve. De loin, vues de Nanterre, les tours ressemblent à des géants de métal et de verre prêts à me dévorer. 

Sur mon VTT vintage, je m'engage dans la bouche d'un géant, un tunnel à la sortie duquel je m'égare. Je tourne et retourne sur les routes circulaires. La piste cyclable marquée de jaune a disparu. Beaucoup de chantiers en cours. La Défense, aménagée dès les années 1960, évolue encore.

Le géant de métal et de verre me recrache vers le pont de Neuilly. Je respire, les immeubles sont moins hauts, une piste cyclable apparaît. 

J'atteins les Champs-Elysées grouillant de touristes. Le géant luisant au soleil a laissé place aux routes pavées et aux statues oxydées.


17 juin, 2023

Restauration d'un VTT vintage des années 1980

 Difficile de résister. Lorsque je trouve une épave de vélo sur le trottoir, je la ramasse. Pour récupérer des pièces ou pour remettre la machine en état. Il y a quelques mois, au lever du jour, j'ai aperçu un vélo couché parmi les encombrants. Aucun cadenas, plus de selle, ce VTT avait manifestement été jeté par son propriétaire. Un morceau de papier collé sur le cadre indiquait seulement "Rom".  En acier, ce vélo était probablement destiné aux Roms qui revendent le métal pour les ferrailleurs.

Aucune marque de fabricant sur le cadre, juste un reste d'adhésif spécifiant "Rider" sur le hauban et "Mountain" sur le tube horizontal de cadre. Peu d'indices, donc, pour identifier l'engin. D'après les couleurs rose et jaune, l'absence de suspension et la présence de dérailleurs Sachs-Huret, il daterait des années 1980. 

La peinture étant très abîmée, et laissant apparaître des marques de rouille, je me suis lancé dans mon premier chantier de peinture. Mes sources d'information : velovintageagogo.comforum.tontonvelo.com et les vidéos très pédagogiques de The Vintage Bike Factory

Voici les étapes suivies.

  1. Un support pour décaper puis peindre,
    c'est indispensable.
    LE VELOMANE VINTAGE
    Le démontage des pièces. Mettre à nu un cadre et une fourche implique de démonter toutes les pièces. J'ai uniquement laissé les cuvettes de direction et la cuvette fixe de pédalier. Tout le reste (cintre, freins cantilever, pédalier Ofmega, dérailleurs Sachs-Huret, roues Nisi...) est passé au nettoyage, puis au vinaigre blanc et Pepsi-Cola pour retirer la rouille. Ensuite, du Belgom pour faire briller et protéger contre la rouille, puis une pulvérisation de Rustol (contre la rouille aussi).
  2. Le décapage. J'ai opté pour le décapage chimique : gel V33 pour métaux (3 passages), puis brosse métallique et même ponceuse électrique. J'ai construit un support pour fixer le cadre et la fourche : une large planche sur laquelle j'ai vissé des équerres. J'enfourne le cadre sur un manche à balai en métal, scié, lui-même enfourné sur les équerres. Dessous, j'ai placé un grand carton pour protéger le sol. Je porte des gants en caoutchouc épais, des lunettes et un masque. En fin de décapage, ponçage au papier de verre, puis Belgom avec une éponge scratch pour retirer les points de rouille. (Le décapant chimique ne supprime pas la rouille.)
    Peinture à la bombe Montana.
    LE VELOMANE VINTAGE
  3. L'apprêt. C'est un produit en bombe, acheté chez Action, qui contient aussi de l'antirouille. Deux passages espacés de deux heures. 
  4. La peinture. Plusieurs couches de bombe Montana jaune, achetée chez Sprayer (Paris), espacées de dix minutes pour les deux premières, puis d'une heure et demie, puis de vingt-quatre heures. 
  5. Le vernis. Plusieurs couches.
  6. Le remontage des pièces. Après quelques jours de séchage, j'ai remonté les dérailleurs, cintre, manettes, etc. Aurais-je dû attendre davantage ? De la peinture est partie sous l'action du serrage du collier du dérailleur avant. J'ai aussi occasionné quelques éclats, la peinture étant sans doute trop épaisse. Bref, j'eus mieux fait de confier la peinture à une entreprise comme Bobigny Epoxy.
Application de reproductions d'autocollants Peugeot.
LE VELOMANE VINTAGE
Une fois toutes les pièces remontées, une nouvelle déconvenue : la fourche s'est révélée faussée. Le vélo partait légèrement vers la droite. Impossible de lâcher les mains. Recherche d'une nouvelle fourche, trouvée à l'atelier coopératif Ohcyclo (Montreuil). Pour remplacer une fourche, prendre les mesures du pivot et de la partie filetée : la nouvelle fourche doit avoir des mesures au moins égales à celles de la fourche à changer. Un pivot trop long peut être sectionné, mais la partie filetée doit être suffisamment longue pour pouvoir y visser le jeu de direction.

Une fois cette réparation effectuée, je suis passé à la partie la plus plaisante : coller les adhésifs de marque. J'ai choisi un modèle Peugeot assorti à la couleur du cadre. Ce vélo anonyme est prêt à reprendre la route sous les couleurs de la marque à damier.




Pédalier Ofmega ovoïde. LE VELOMANE VINTAGE

Dérailleur Sach-Huret. LE VELOMANE VINTAGE

Manettes de dérailleur Sach-Huret, cintre nettoyé au Belgom.
LE VELOMANE VINTAGE

En attente des autocollants. LE VELOMANE VINTAGE

L'état du vélo avant restauration. Modèle "Rider", mais quelle marque ?
LE VELOMANE VINTAGE 

Cadre rouillé et bien abîmé. LE VELOMANE VINTAGE