09 avril, 2024

Autour de Bénodet : vélo, averses et vieilles chapelles


Le ciel a la bougeotte, ce matin. Au départ de Bénodet, dans le Finistère sud, les nuages gris alternent avec des coins d'azur, qui alterne avec des averses. Malgré les 7 degrés, sur mon vieux VTT, je me réchauffe rapidement en grimpant les bosses. A l'entrée d'un hameau, j'ai la gorge sèche. Mon bidon ! J'ai oublié mon bidon ! Vais-je rouler cinquante kilomètres sans eau ? Non. Alors, faire demi-tour ? Non plus. Je marque un arrêt à l'épicerie de Gouesnach, commune où vivait Eric Tabarly. Une petite bouteille de Perrier fera office de bidon. 

La chapelle Notre-Dame-de-Vray-Secours,
à Gouesnach. LE VELOMANE VINTAGE
Au bout du bourg, je m'arrête devant la chapelle Notre-Dame-de-Vray-Secours, austère, plantée au milieu des arbres sans feuillage. Je descends ensuite vers la cale de Pors Meillou (le port aux moulins), où les sabliers déchargeaient leur cargaison. Entre les résineux, la descente est raide et me fait penser aux routes d'Auvergne. Il a plu, les ruisseaux sont pleins, les oiseaux chantent. En paix, en pleine nature, quel plaisir.

Je reprends ma route jusqu'au hameau du Moulin du Pont. Changement de configuration. J'emprunte la D45 jusqu'à Pleuven. Je me sens en sécurité sur la large bande cyclable. De nombreuses voies de ce type, ainsi que des "chaussidoux", sont aménagés dans la région. En Bretagne, les pouvoirs publics ont pensé aux cyclistes.

A Pleuven, la pluie claque sur ma veste en Gore-Tex. Pleuven, pluie, Pleuven, pluie...

La chapelle de Notre-Dame-de-Kerbader.
LE VELOMANE VINTAGE

A présent, c'est une piste cyclable, donc bien séparée de la chaussée, qui longe la départementale. Je pédale avec le sourire, malgré la flotte. 

A Fouesnant, je me dirige au sud-est vers le Cap Coz, une bande de terre qui pointe vers la baie de la Forêt. Demi-tour vers Mousterlin et ses marais. La route se balade entre les prés. Une halte à la chapelle de Notre-Dame-de-Kerbader. A ses côtés, un vieil arbre aux branches crochues, comme dans un film d'horreur de la Hammer.

De retour à Bénodet, je croque une brioche croustillante arrosée de Perrier.


08 mars, 2024

Femmes et hommes à vélo : roulons ensemble !

Au quotidien, le vélo est plus souvent utilisé par les hommes (3,7 % des déplacements locaux*) que par les femmes (1,5 %), selon l'enquête "Marcher et pédaler : les pratiques des Français". Cette enquête décennale, dont la dernière édition date de 2021, repose sur des données de 2019. Or après les périodes de confinement liées à la pandémie de covid, c'est-à-dire après mai 2021, des pistes cyclables ont été aménagées, les achats de vélo ont augmenté...  En 2021, l’utilisation des vélos sur les routes a progressé de 18 % en France par rapport à 2019, selon le baromètre de l'association Vélo & Territoires. Davantage de femmes se sont certainement mises à faire du vélo. 

Paris, 1906 : tous à vélo !
C'est du moins l'impression que j'ai. Que ce soit lors de mes déplacements travail-domicile ou lors de mes sorties sportives, voir une femme sur une bicyclette est devenu courant. Ce n'était pas le cas, du moins en matière sportive, il y a seulement dix ans. 

Je croise des femmes, j'en dépasse, elles me dépassent. Tant mieux, c'est le signe que le vélo se développe pour le bénéfice commun : moins de pollution, une population en meilleure santé. 

* A moins de 80 km de leur domicile.  

A lire : 


A visiter : ellesfontduvelo.com

02 mars, 2024

Animateur de mobilité à vélo : j'ai réussi le test d'habileté !

Participer à l'essor du vélo, apprendre aux néophytes à pédaler en sécurité... C'est pour cela que je commence en mars prochain une formation d'animateur de mobilité à vélo (AMV), auprès du Centre national de formation du vélo (CNFV), à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Pour accéder à cette formation, en vue de l'obtention d'un certificat de qualification professionnelle (CQP), j'ai dû passer un "test d'habileté technique" au CNFV.

Mercredi 21 février dernier, nous étions onze passionnés de vélo âgés d'une vingtaine à une soixantaine d'années à nous rencontrer. Autour d'un café et de viennoiseries, Jean Savarino, directeur du CNFV, et son équipe – Isabelle Gautheron (directrice technique nationale), Julien Testu (chargé de mission) et Pascal Landais (formateur) – nous ont présenté le programme de la journée : le matin, installation du parcours avec les plots, puis répétition des exercices ; l'après-midi, passage de l'épreuve.

"Pas de pression", nous a répété l'équipe. Le test vise à s'assurer que les candidats à la formation sont suffisamment à l'aise sur un vélo pour pouvoir enseigner à des débutants les règles essentielles pour se déplacer en sécurité.

Dans le froid, sur nos vélos de ville, VTT, VTC, vélos de course au guidon droit, nous voici à slalomer entre des plots espacés d'un mètre, la roue avant passant d'un côté, la roue arrière de l'autre. C'est l'exercice le plus délicat... pour lequel je m'étais entraîné au bois de Vincennes depuis quelques semaines. La réussite de cet exercice réside dans le fort braquage de la roue avant. Le départ "en patinette" quant à lui n'est pas naturel. Il est requis lors du test car il faudra enseigner aux débutants la maîtrisent de l'équilibre, nous expliquent les formateurs.

S'éxercer avant

Pour s’entraîner au slalom, des pierres
en guise de plots. LE VELOMANE VINTAGE

Les autres futurs élèves sont sympas. Nous nous entraidons pour installer le parcours, nous discutons lors du déjeuner, nous nous encourageons pour passer le test que chacun et chacune réussi. Pour ma part, je le réalise en 1'14" (durée maximale exigée : 3'00"), en touchant toutefois un plot. Conseil : s'exercer au préalable permet de passer le test avec moins de stress. Pour cela, se procurer le plan du parcours et lire les vidéos de démonstration. Utiliser un vélo avec roues de 26 pouces permet aussi de passer certains obstacles avec plus d'aisance.

Pour clore la journée, la pluie survient et rince les traces de craie sur le parcours. Nous rangeons les plots, remontons sur nos vélos. Rendez-vous le 11 mars, pour la première semaine de formation !


24 février, 2024

Animateur de mobilité à vélo : comment mon projet est né

En mars prochain, je commencerai à suivre une formation d'animateur de mobilité à vélo (AMV). Ce projet a pour origine une discussion que j'ai eue à un feu rouge avec une cycliste, rue de Rivoli, à Paris. La dame marquait l'arrêt, sac au dos, sur son VTT ancien équipé de sacoches. Je lui ai demandé si elle voyageait ainsi à vélo – les cyclotouristes me donnent envie de discuter avec eux. "Non, je me rends à la gare de Lyon pour prendre le train en direction de Voiron. Au chômage, je vais suivre suivre là-bas une formation d'animateur mobilité à vélo." En route vers un nouveau métier !

De retour chez moi, je me suis informé sur cette formation. Passionné de vélo, j'aime transmettre cet intérêt. Et qui sait ? cette formation pourrait me permettre un jour d'enseigner les rudiments de la circulation à vélo à des débutants, dans les écoles, en entreprise...

Cette formation peut être financée grâce à mon CPF (compte personnel de formation) ; autant en profiter car, au départ en retraite, ces droits seront perdus. 

Une session est prévue près de chez moi, à partir de mars 2024, au Centre national de formation du vélo (CNFV), à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Alors, banco ! je me suis inscrit.


28 janvier, 2024

Le VTT MBK Aventure de Papa prend l'air

Parmi ses vélos, mon père avait son favori : un VTT MBK Aventure, qu'il avait dû acheter à la fin des années 1980. Combien de fois l'ai-je vu dessus, parfois avec un panier pour mettre son chien. En mars, cela fera cinq ans que mon cher père est mort. Ce week-end, je me suis décidé à remettre son vélo en état.

Le MBK Aventure de mon père prend l'air glacé
du bois de Vincennes. LE VELOMANE VINTAGE

Hormis une pellicule de poussière et les pneus dégonflés, le VTT était en état de rouler. M'occuper de cet engin a été un moment émouvant. Pour le laver, j'ai dû démonter quelques accessoires que Papa avait pris soin d'installer : au cintre, une sacoche et une banane (le sac, pas le fruit) délavés, un bidon Coca-Cola coupé pour contenir la chambre à air (avec trois trous percés par le propriétaire, toujours prévoyant, pour que l'eau de pluie s'écoule). Sur le hauban arrière trônait une petite lampe rouge qui fonctionnait encore. Comme un reliquat de souffle de vie.

Ce compagnon d'acier rouge et noir, mon père l'a piloté sur les routes de Seine-et-Marne. Le visage au vent, les muscles chauds, il respirait à pleins poumons. C'était un de ses petits moments de la vie favori.