17 avril 2019

Les dimanches cyclistes avec mon ami Pierre Tosi

C'est étrange comme un simple geste peut provoquer des pleurs. En sortant mon vieux vélo de course du coffre de la voiture, hier, j'ai soudain versé des larmes. Ce geste, je le faisais il y quelques mois encore lorsque je retrouvais mon ami Pierre Tosi, emporté par le cancer ce 1er avril.

C'étaient des dimanches matins où, stationné sur l'allée gravillonnée de sa maison, je préparais mon vélo pour une sortie de 80 bornes. Ces dimanches où je retrouvais Pierrot, heureux de passer quelques heures en sa compagnie, comme nous nous serions retrouvés, mômes, pour jouer aux cow-boys et aux Indiens. Lui, c'était l'Indien. Il connaissait toutes les pistes de la région, les vergers où s'alimenter, les fontaines où remplir les bidons. Et les trucs de coureurs, comme bien s'abriter quand le vent nous frappe.

Pierrot l'Indien est parti. Je ne l'entendrai plus m'accueillir sur le pas de son tepee, à Villecresnes: "Alors, le Yann, il fait froid ce matin." Pierrot-tête-en-l'air, qui cherchait ses gants, nous mettant en retard au rendez-vous avec les copains cyclistes. Je ne sourirai plus en l'observant avec ses chaussures à cales faisant clac-clac sur les carreaux de ciment. Je ne le verrai plus enfiler son gilet coupe-vent et ajuster son casque blanc aux couleurs du drapeau italien.

Il me manque, Pierre en équilibre sur son vélo Neri, écrasant les graviers de l'allée, ses larges mains de maçon sur les cocottes de freins. Je ne roulerai plus à ses côtés dans la côte de Marolles-en-Brie, pour retrouver notre équipe des Rois de la pédale, eux à l'heure. Je n'abriterai plus Pierre, qui commençait à être "bien au bout de cinquante bornes".

A mon vieux vélo et moi, hier, il manquait un ami.

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